Mon parcours

Témoignage

Je suis né le 19 août 1958 à Saint-Dié, dans les Vosges. Devant mon berceau, mon père s'est interrogé : fera-t-il Polytechnique ?


Chorale

J'ai toujours aimé la musique. Lorsque mes parents, mon frère Serge et moi habitions dans les Vosges, à Anould (entre Saint-Dié et Gérardmer), je prenais plaisir à chanter à la messe, et j'ai commencé l'étude du piano, vers l'âge de huit ans. J'allais régulièrement au catéchisme dans la chapelle provisoire d'Anould ; il était donné par une religieuse. Je méditais beaucoup dans mon parc à sable en faisant des routes, et je me confessais régulièrement lorsque mon comportement ne plaisait pas à Dieu ou à mes parents. J'étais un très bon élève en classe, bien qu'étant assez solitaire. Nous avons eu un chat pendant quelque temps, mais c'était un siamois, et il ne se laissait pas caresser. C'était frustrant.

Mon père, sans doute dégoûté par la foi intransigeante du grand-père maternel de ma mère, a abandonné la pratique religieuse peu de temps après son mariage. Je ne me souviens pas l'avoir vu aller à la messe. Cela n'a pas empêché que ma mère me délivre une éducation chrétienne. Je me souviens qu'elle répétait souvent, lorsque nous passions à côté de cathédrales dans les villes que nous visitions lors de voyages, ce passage de l'évangile : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ».

Après un épisode familial douloureux dont je n'ai pris conscience que plus tard, mon père a dû être muté à Paris lorsque j'avais neuf ans et demi. Mes parents ont trouvé un appartement à Saint-Maur-des-Fossés en banlieue sud-est en 1968. Sur la recommandation de Monsieur Cholet, mon professeur de piano à Saint-Dié, mes parents ont trouvé un professeur de piano dans le sixième arrondissement de Paris, Chantal Debuchy, qui avait été son élève au conservatoire de Nancy. J'ai suivi régulièrement des cours avec elle pendant toutes mes études secondaires. Elle me disait souvent : « Didier, tu devrais chanter dans une chorale ; cela t'apprendrait à mieux faire les nuances » .

J'ai fait toutes mes études secondaires au lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur. J'étais un très bon élève. Je suis allé régulièrement à l'aumônerie. Ma mère m'a lu les Actes des Apôtres. Lors de la préparation à ma profession de foi à Nemours, j'ai brûlé un papier où j'avais écrit « colère », car j'avais tendance à me mettre parfois en colère. J'ai fait deux fois des pèlerinages à Lourdes (Fraternel). Ma mère me disait quelquefois que les juifs étaient responsables de la mort du Christ : le genre d'absurdités intolérables que l'on racontait dans les familles chrétiennes depuis des siècles et des siècles... Mon père, lui, était au contraire admiratif devant les qualités intellectuelles des juifs.

Un jour, lorsque j'étais adolescent, mon père m'a demandé ce que je voulais faire comme métier. J'ai répondu : « géomètre ». Il m'a alors dit : « tu peux faire mieux ». J'ai réfléchi et je suis retourné le voir en disant : « ingénieur des ponts-et-chaussées ». Cela semblait trouver un peu plus grâce à ses yeux. Il a quand même ajouté : « ce serait mieux si tu faisais Polytechnique avant ». Vers la même époque, mon grand-père paternel, un autodidacte qui avait fait toute sa carrière à la SNCF et qui avait réussi à exercer d'assez importantes responsabilités, m'a parlé d'un de ses chefs polytechniciens qui lui avait montré la signalisation de la gare de Lyon en s'extasiant : « voyez, Monsieur Pautard, c'est Saint-Simon ! ». Je crois que dans ma grande naïveté de jeune adolescent, j'ai cru qu'il parlait d'un saint de l'Église catholique ! Je n'ai pris conscience que plus tard, à l'âge de 44 ans, que ce « Saint-Simon » était un idéologue athée.

En terminale, j'ai eu 16 à une dissertation de philosophie sur Descartes. La professeur de philosophie m'a fait lire le texte de la dissertation devant toute la classe. L'un de mes camarades, me disait quelquefois par la suite : « grosse tête » pour se moquer de moi. Même si mes parents m'avaient toujours montré en exemple les gens simples, je ne les avais jamais entendu parler de cette expression « grosse tête ». J'étais passionné de train électrique, et lorsque j'invitais ce camarade chez moi pour jouer au train, il s'amusait à faire dérailler les trains. Cette même année, le père de mon meilleur camarade Jean-Yves, qui était radiologue, est tombé dans le coma à la suite d'un surmenage. J'interrogeais régulièrement Jean-Yves au sujet de son père. L'aumônier Philippe Gueudet m'a dit alors que je pourrais inviter Jean-Yves chez moi pour préparer le bac. Je ne l'ai pas fait, et je le regrette a posteriori. Finalement son père est décédé. J'ai eu mon bac avec la mention très bien. Alors que je me destinais à des études d'ingénieur, Jean-Yves se destinait à être médecin.

Après mes études au Lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur, je suis allé en classes préparatoires au Lycée Louis-le-Grand à Paris. De la fenêtre de ma petite chambre d'étudiant au sixième étage d'un immeuble au boulevard Saint-Germain, j'apercevais Notre-Dame de Paris éclairée. C'est à ce moment que j'ai rencontré Albert, qui devriendra mon meilleur ami. En 3/2, nous étions tous les deux admis à Centrale, mais pas à Polytechnique. Il m'a invité en vacances chez ses parents à Plougouvelin près de Brest. Je lui ai dit alors que ce serait mieux de faire Polytechnique et de redoubler pour cela. Nous avons été admis tous les deux en 5/2, et je crois qu'il m'en a été toujours reconnaissant. Je suis rentré 11e. Voyant mon succès brillant, mon père, ma mère, et mon frère, dans la lignée de mon éducation, ont déclaré en chœur : « Didier, il faut que tu restes simple ». J'ai appris par la suite qu'Albert est de confession juive.

N'étant pas militaire dans l'âme, j'ai très mal vécu mon service militaire. J'ai fait mon service en corps de troupe au 15e régiment d'artillerie à Poitiers. Un jour, un lieutenant a profité de l'absence du capitaine pour m'ordonner, devant toute la batterie rassemblée, de balayer la cour du régiment avec un soldat, J'ai dû subir d'autres vexations de ce genre, et comme je me laissais faire, toutes ces expériences m'ont mis fondamentalement mal à l'aise. À l'école, sur le campus de Palaiseau, je me suis désintéressé des sciences, mais mon intérêt pour les humanités sciences sociales s'est renouvelé. J'ai eu de bonnes notes en histoire, musique, architecture, informatique. J'ai passé beaucoup de temps à jouer du piano, je me suis constitué une discothèque impressionnante. J'ai découvert le chant choral à Polytechnique. Albert m'a soutenu. Mon père m'ayant donné une image négative des jésuites, je ne suis pas allé à l'aumônerie, l'aumônier, le père Dumord, étant jésuite.

Je suis allé à quelques « amphis retape » (des conférences où des entreprises viennent se présenter pour recruter les jeunes diplômés par précontrat) d'entreprises de travaux publics, mais le fait de partir à l'étranger dans des pays au climat chaud me faisait peur. Je ne voulais pas m'engager dans un précontrat avec une entreprise privée, ne sachant pas où j'allais mettre les pieds. Je suis sorti à un classement médiocre (273e), qui ne m'a pas permis d'entrer à l'école des ponts et chaussée, à mon grand regret. J'ai donc choisi de faire comme école d'application l'ENSTA (Ecole nationale supérieure de techniques avancées), ce qui me dispensait de rembourser la pantoufle. À l'ENSTA, les cours ne m'intéressaient pas. Je continuais à jouer du piano, tout en donnant des cours de maths à des élèves de terminale pour gagner un peu d'argent. Ma foi a décliné surtout à cause du contre-témoignage d'un prêtre catholique. Finalement, j'ai arrêté d'aller à la messe, considérant que la résurrection du Christ était une légende, et qu'on ne me ferait plus croire au père Noël.

 

Techniciens nucléaires

Des techniciens dans une centrale nucléaire

Après mes études en 1983, j'ai trouvé un poste à Novatome, filiale de Framatome, comme ingénieur en thermohydraulique. Novatome était une entreprise d'ingénierie nucléaire, dans la filière des réacteurs à neutrons rapides type Superphenix, qui présente l'avantage d'économiser la ressource uranium. J'ai pris conscience de l'importance de l'informatique dans le métier d'ingénieur. Dans le secteur nucléaire, où il y a une forte culture de sûreté, on a l'habitude de dimensionner les équipements pour une durée de vie prévisionnelle précise. À l'époque, on prévoyait une durée de vie de 30 ans pour les réacteurs nucléaires. Elle est passée à 40 ans sur la génération actuelle (elle est de 60 ans pour la nouvelle génération des EPR, European Pressurized water Reactor). Un jour, comme un collègue aimait bien se moquer de moi d'une façon très sarcastique, j'ai parlé, pour tenter de forcer le respect, du « Grand U » (l'uniforme des polytechniciens). Il a répondu : « le grand tutu ? ». Je suis resté interdit. Plus tard, un autre collègue, centralien, qui avait aussi beaucoup d'humour, a demandé aux personnes du service de se montrer avec une étiquette : « Touche pas à mon Pautard ». Vers 1985, une collègue m'a fait connaître le chœur Montjoie à Paris..Nous avons chanté la Missa solemnis de Beethoven, et Carmina Burana de Carl Orff.

Après une expérience décevante à la Setec, un bureau d'études près de la Gare de Lyon, où j'avais commencé à travailler sur le Tunnel sous la Manche, je me suis orienté vers l'informatique de gestion et, en mars 1987, je suis entré dans une société d'informatique française, la Compagnie générale d'informatique, qui était la première société européenne de progiciels de gestion. Mon premier projet a consisté dans le développement d'une application de gestion de barèmes de temps pour Automobiles Citroën. À la demande du client, alors que le contrat de spécification et de développement avait déjà été négocié, mon chef a accepté que l'on mette en place une gestion d'historique. Pour gérer l'historique en temps réel, la clé primaire (identifiant) de la plupart des enregistrements en base comportait la date. Mon analyste m'a averti que si l'on ne dimensionnait pas le champ date avec l'année sur quatre chiffres, l'application ne passerait pas l'an 2000. Étant donné la durée de vie prévisionnelle de l'application, j'ai insisté pour qu'elle prévoie les quatre chiffres. Il n'y avait encore aucune macrostructure de gestion de date avec l'année sur quatre chiffres dans le système d'information d'Automobiles Citroën. La programmation a été particulièrement difficile à cause de la gestion d'historique.

En 1988, lors de la fête d'anniversaire des dix ans de ma promotion de Polytechnique, j'ai retrouvé un ancien camarade d'école. Je lui ai dit que je cherchais une chorale avec des effectifs plus restreints. Il m'a proposé de venir chanter dans la chorale saint Thomas d'Aquin dans le 7e arrondissement de Paris. Nous avons chanté Le Messie de Haendel.

En 1989, j'ai acheté un beau deux pièces dans une jolie résidence près de la gare Saint-Maur Créteil du RER A.

 

Vierge

Statue de la Vierge Marie à Lourdes

En novembre 1990, j'ai fait la connaissance de ma femme lors d'un voyage de notre chorale à Sarrebruck. Cela s'est ensuite passé dans des conditions qui restent pour moi tout à fait mystérieuses et inexplicables. Elle était d'une famille très croyante. J'ai retrouvé presque instantanément la foi. Ma grand-mère m'a dit quelque temps après qu'elle avait prié à Lourdes pour que je trouve une « femme bien ».

J'étais alors sur une mission pour la SNECMA où j'étais mal à l'aise, à cause d'un climat polémique entretenu par un de mes collègues. En mai 1991, j'ai été convoqué à un entretien préalable à un lincenciement : « Vous n'êtes pas fait pour l'informatique ». C'est en ces termes que j'ai été licencié séance tenante en 1991 par le responsable des ressources humaines de la CGI.

 

Nativité

A notre mariage, la chorale a chanté l'Hallelujah du Messie de Haendel

Mes tentatives pour retrouver du travail n'ont pas abouti du premier coup. Ma famille m'a soutenu moralement.

 

Baptême de Clovis

Saint Remi baptise Clovis à Reims (496)

Mon fils aîné est venu au monde, prématuré, alors que j'étais encore en recherche d'emploi. Nous l'avons appelé Rémi, car ma femme est originaire de Reims, et ce prénom évoque des notes de musique. C'était peut-être aussi parce que j'aime mon pays.

En 1992, j'ai trouvé un poste sur la gestion des données de référence chez un constructeur informatique européen : Bull. En 1993, en écoutant une discussion entre les responsables groupe de la sécurité informatique et de l'architecture, j'entends parler d'une application qui ne passe pas l'an 2000, en m'étonnant naïvement qu'un constructeur ne soit pas encore conforme an 2000. Pendant ce temps, telle la Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf, mon employeur précédent concluait un partenariat stratégique avec IBM en croyant qu'il allait l'absorber ! Mais les paroles qui ont été tenues lorsque j'ai été licencé n'ont pas dû lui porter chance : c'est évidemment IBM qui l'a avalé et a chassé tous ses dirigeants.

 

Crucifixion

Nous avons chanté la Passion selon saint Jean de Bach avec la chorale (enregistrement du cheur d'entrée).

En 1995, j'ai été chargé de piloter un projet pour la direction des services de Bull. Sans le savoir, j'étais en train de remplacer un système non conforme an 2000 par un système conforme. En janvier 1996, on m'a nommé responsable de la cohérence des systèmes informatiques internes de la filiale française. Je me suis étonné du flou qui entourait la présentation des enjeux de cette mission. Après six mois d'enquêtes où j'entendais parler d'applications datant de 1968 ou 1972, je fus fixé lorsque mon beau-père me demanda, vers juin 1996, si Bull s'occupait du passage à l'an 2000. Mon beau-père étant chrétien pratiquant, j'ai commencé à prendre vraiment conscience que nous approchions de l'an 2000 après Jésus-Christ.

Comme n'importe quel élève de CP pourrait nous l'expliquer, 99 + 1 =/= 2000, mais cette évidence n'avait pas sauté aux yeux des dirigeants de mon entreprise ! Grâce à mes alertes, l'entreprise se dota rapidement d'une organisation pour piloter le passage à l'an 2000 des systèmes informatiques internes du groupe à l'échelle mondiale ; il fallait changer presque tous les systèmes internes du groupe et alerter les clients et les fournisseurs. Je devenais ainsi implicitement le responsable an 2000 de la filiale française.

 

Isidore de Séville

Saint Isidore de Séville, patron des informaticiens, des internautes, et d'internet

En mars 1997, on a installé Internet sur mon ordinateur. J'ai trouvé rapidement les sites internet américains qui alertaient sur le problème (Y2K pour year 2 kilo). Je consultais tous les matins le site year2000.com du consultant canadien Peter de Jaeger. C'est à peu près à ce moment que j'ai appris que le Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises (CIGREF) avait alerté sur le problème à partir de 1995, soit moins de cinq ans avant l'échéance. Le groupe PSA, pour lequel j'avais travaillé, faisait partie de la dizaine de groupes français qui avaient lancé l'alerte. Ils avaient eu la sagesse de standardiser le format du champ année sur quatre chiffres dès le début des années 1990.

 

Parousie

« Nul ne connaît ni le jour ni l'heure » (Mt 24, 36)

En juin 1997, seulement deux ans et demi avant l'échéance, voyant l'ampleur du problème à l'échelle mondiale (300 à 600 millions de lignes de code à corriger selon les estimations du Gartner Group), et rencontrant des difficultés pour sensibiliser ma hiérarchie immédiate sur ces enjeux, je commençais à avoir quelques idées apocalyptiques. J'ai fait de gros efforts pour me raisonner en pensant au passage de l'évangile dans lequel Jésus dit : « Nul ne connaît ni le jour, ni l'heure ». Pour bien cadrer mes idées, je décidai d'entrer avec ma femme dans les Équipes Notre-Dame. Je résolus de m'accrocher à l'évangile du dimanche comme à une planche de salut, et de trouver chaque semaine un moment de ma vie en rapport avec l'évangile.

 

Gérant habile

Le gérant habile (Lc 16, 1-9)

Mon chef se rendait bien compte qu'il avait largement sous-estimé le problème. Comme il était très attentif à son intérêt personnel, il cherchait toutes sortes d'arrangements. Il me faisait penser à l'intendant dans la parabole du gérant habile. Même si le haut encadrement de Bull avait lancé le programme euro, je sentais que je devais accorder la priorité au programme an 2000, selon le passage de l'évangile qui suit juste la parabole (Lc 16, 10-13) : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent ».

Sur le site de Peter de Jaeger, je lisais des articles dans la presse américaine dont je ne trouvais pas d'équivalent dans la presse française : des vétérans américains du pont aérien de Berlin préparaient un pont aérien vers l'Europe ; je lisais des articles qui mettaient en doute le fait que l'Europe puisse à la fois passer l'an 2000 et passer à l'euro ; « Italians pray for Y2K » (les Italiens prient pour le passage à l'an 2000) ; « What will happen when pope John Paul II will open the Holy gate ? » (qu'arrivera-t-il lorsque le pape Jean-Paul II ouvrira la Porte Sainte ?). Tous les jours, depuis le train qui me ramenait de Louveciennes à mon domicile, je voyais le compteur sur la tour Eiffel qui indiquait le nombre de jours restant avant l'an 2000. Pendant les vacances, lors d'une visite à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, j'ai allumé une bougie devant les reliques du grand saint, en signe de prière pour la réussite du passage à l'an 2000.

 

Saint Martin

Saint Martin, patron de la France

Vers mars 1998, je vais à une conférence à l'École polytechnique sur Internet. Tout à la fin de la conférence, je prends la parole pour demander ce que fait l'État français pour résoudre le problème. Je leur dis que d'autres pays s'en préoccupent sérieusement, et que c'est une question de survie. Après la conférence, ils m'ont tous regardé d'un air interdit. Quelque temps après, j'ai appris l'ouverture d'un site internet français www.urgence2000.fr.

Mon responsable hiérarchique me fit alors faire un bilan de compétences. Comme il avait dit un jour une parole qui révélait un manque d'engagement de sa part, le résultat du bilan de compétences fut une réorganisation générale de Bull France. Mon chef fut démis de ses fonctions et, à la derniere réunion de la Direction des systèmes d'information qu'il dirigeait, il s'exclama : « la France, fille aînée de l'Église ! » Mon poste fut supprimé.

 

Guérison

Jésus guérit un lépreux (Mc 1, 40-45)

Un dimanche de septembre 1998, l'évangile était la guérison d'un lépreux par Jésus. M'interrogeant sur le rapport que cela pouvait avoir avec ma situation, je me suis rappelé une homélie qu'un prêtre avait faite lorsque j'étais adolescent, selon laquelle le lépreux symbolisait toute personne exclue de la société. Je me suis dit que l'on cherchait à m'écarter dans mon entreprise, que le lépreux, c'était moi, et que la lèpre, c'était le problème de l'an 2000. Je me suis dit qu'il fallait que j'aille voir un prêtre pour qu'il me délivre de ce mal. Dans l'équipe Notre-Dame où je me trouvais avec ma femme, il m'était difficile d'exprimer l'angoisse qui me tenaillait. Je me décidai donc à aller voir le prêtre qui avait été mon aumônier au Lycée Marcelin Berthelot, le père Philippe Gueudet. Je ne l'avais plus vu depuis 15 ans, et je ne savais pas le moins du monde ce qu'il était devenu. J'ai réussi à reprendre contact avec lui. Il était devenu responsable du Centre National de Pastorale Liturgique (CNPL) et était, à ce titre, responsable du système informatique de l'Église de France. De plus, il s'occupait du calendrier liturgique !

 

Résurrection de Lazare

Le retour à la vie de Lazare annonce la Résurrection du Christ (Jn 11, 1-44)

Voyant mon inquiétude devant le délai qui se rapprochait, il déclara : « L'an 2000 n'est qu'un symbole, un symbole fort, mais un symbole. Il ne se passera rien : un millénaire meurt, un nouveau millénaire naît, c'est une résurrection, il faut croire ! ». J'évoquai l'encyclique Fides et ratio de Jean-Paul II dont je venais d'entendre parler à la radio. Il se contenta de me lire la première phrase : « La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité ». Il ajouta simplement qu'il fallait « mettre la foi avant la raison », comme le suggérait le titre de l'encyclique.

 

Renaitre de l'eau et de l'esprit

« En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3, 5)

En janvier 1999, j'ai changé d'entreprise et je suis entré chez Cap Gemini où travaillaient deux amis de notre équipe Notre-Dame. J'ai été affecté dans la division Energie utilities services publics. Une mission de pilotage an 2000 pour un grand groupe de services français, Vivendi, s'est présentée, et j'ai dû m'acquitter de mon devoir de conseil. Je me suis porté candidat pour m'occuper du métier de l'eau (Générale des Eaux, aujourd'hui Véolia eau), et mon chef m'a proposé de m'occuper aussi du métier des télécoms (Cegetel, aujourd'hui SFR). Ma femme n'a pas compris sur le moment que mes obligations professionnelles étaient plus importantes que mes obligations familiales. Nous avons dû quitter les Équipes Notre-Dame (Lc 14 25-27). Finalement, la mission, qui a duré un an, s'est bien déroulée.

 

Jubilé de l'an 2000

Les cinq colombes multicolores symbolisent les cinq continents

Le 24 décembre s'ouvrait le Jubilé de l'an 2000.

Le 25 décembre, j'étais en famille pour fêter Noël.

Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach : cliquer pour écouter.
 

La tempête du 26 décembre nous a obligés à quitter notre maison, et à loger chez mes beaux-parents, en attendant que le câble électrique au-dessus de notre maison soit réparé par les techniciens d'EDF. La cellule de crise de la Générale des Eaux mise en place pour le passage à l'an 2000 a permis une mobilisation rapide pour réparer les dégâts occasionnés dans les usines d'eau.

 

Tour Eiffel

 Les capitales du monde entier fêtent l'an 2000

Je n'ai pas participé à la cellule de crise le 31 décembre au soir, le client ne me l'ayant pas demandé. Je ne voulais pas avoir l'air de m'imposer, car cela aurait pu dénoter des arrière-pensées commerciales. En revanche, j'ai participé le 1er janvier 2000 à un centre d'appel organisé pour les clients de ma société. Nous n'avons reçu aucun appel. Le bilan du passage pour la Générale des Eaux a montré quelques problèmes mineurs relatifs à la date, mais globalement beaucoup moins de bogues que d'habitude. La prophétie du père Gueudet s'est réalisée : il ne s'est rien passé.

Bull est le seul constructeur informatique européen à être entré dans le troisième millénaire ; il a fourni des entreprises publiques françaises en superordinateurs pour les essais nucléaires de la force de frappe française, et pour les calculs en météorologie. L'expérience spirituelle de cette rencontre « fortuite » avec le responsable du CNPL, chargé du système informatique de l'Église et du calendrier liturgique, est restée dans ma mémoire comme un signe très fort de l'existence de Dieu, sans rapport avec des démonstrations de théorèmes de mathématiques. Je parle en connaissance de cause, puisque j'ai obtenu d'excellentes notes dans les disciplines scientifiques au baccalauréat et au concours d'entrée à l'École polytechnique.

Mais une incompréhension s'était introduite entre ma femme et moi. À partir de janvier 2000, je ne l'accompagnais plus à la messe du dimanche. 

 

Guerison

Jésus guérit dix lépreux (Lc 17, 11-19)

Alors que je travaillais sur une mission euro basée à la Défense, j'ai rencontré un membre de ma paroisse par hasard sur le parvis. Celui-ci me proposa de venir au relais Jean XXIII. J'entendis alors un passage de l'évangile où Jésus guérit dix lépreux, et où l'un d'entre eux vient remercier Jésus de l'avoir guéri. Je me suis dit qu'il fallait que je remercie le Seigneur, et c'est pour cela que, par la suite, je suis allé à la Maison d'Église Notre-Dame de Pentecôte, qui a ouvert en janvier 2001, au tout début du troisième millénaire.

Le 12 mars, j'ai été particulièrement interpellé par la cérémonie de repentance de l'Église dans la basilique Saint-Pierre de Rome. J'ai commencé à m'intéresser à l'Histoire avec plus d'attention qu'auparavant. J'ai lu dans la presse que quelques juifs un peu sceptiques ont parlé d'un « grand show ».

Pendant ce temps, mon fils Rémi avait de sérieuses difficultés à l'école. Il a dû redoubler successivement la classe de CP et de CE1, car il avait beaucoup de difficultés à apprendre à lire, écrire, et compter. En cette année 2000, ma femme a dû démissionner de son poste pour s'occuper de son éducation.

 

Brebis égarée

  La brebis égarée (Mt 18, 12-14)

Je suis allé à la messe des Rameaux dans une autre paroisse que d'habitude, là où j'avais fait ma profession de foi. Je ne suis pas allé à la messe de Pâques de l'an 2000. En novembre 2000, à la fin de l'année liturgique, voyant que je faisais de la peine à ma femme, je suis retourné voir le père Philippe Gueudet. Il m'a proposé de me confier au Seigneur, et il m'a lu la parabole de la brebis égarée. J'ai compris que j'en voulais avant tout aux fournisseurs informatiques, et j'ai demandé au Seigneur de m'aider à leur pardonner. J'ai été interpellé par le psaume 92 (93) : « La Terre est ferme et inébranlable ». Je suis retourné voir le curé de ma paroisse qui devait se demander pourquoi je n'accompagnais plus ma femme à la messe. Je lui ai expliqué, sous le regard de Dieu, que le Seigneur m'avait demandé de faire en sorte qu'il ne se passe rien en l'an 2000. Je suis revenu discrètement à la messe dans ma paroisse, et j'ai commencé à supplier chaque dimanche le Seigneur Dieu qu'il m'aide à pardonner.

 

Jésus et Marie Madeleine

 Marie-Madeleine est la première à voir le Seigneur ressuscité (Jn 20, 11-18)

Sur les conseils du curé de notre paroisse, ma femme et moi sommes entrés dans la Communauté de vie chrétienne. Le père Michel Roger a pensé que cela aiderait à réaliser l'unité entre la vie familiale et la vie professionnelle. Je me souviens d'une rencontre régionale où nous avons entendu le passage où Jésus apparaît ressuscité à Marie-Madeleine.

 

Saint Benoît

 Saint Benoît, patron de l'Europe

Mais les épreuves ne faisaient que commencer pour moi. Les délais pour passer à l'euro étant eux aussi très serrés, et malgré l'expérience que j'avais acquise chez Bull, je n'ai pas pu m'intégrer facilement dans un programme euro chez un client. Après plusieurs changements assez destabilisants, on m'a mis sur une mission bien facturée que, pour des raisons de conscience, je ne pouvais pas accepter, car elle aurait mis en péril la mission du client. « Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent » (Lc 16, 13).

En 2002, une équipe sur le développement durable s'est créée à Notre-Dame de Pentecôte. Je l'ai tout de suite rejointe. En parallèle, mon employeur a commencé à développer une offre sur le développement durable, à laquelle j'ai tout de suite participé. En consultant le site de Jean-Marc Jancovici (un polytechnicien de la promotion 1981 président du groupe X-environnement), j'ai vu que quelques polytechnciens lui conseillaient de lire Saint-Simon. En cherchant sur la Toile avec Google, j'ai rapidement compris que ce Saint-Simon était un idéologue, et que ses disciples avaient fondé à sa mort en 1825 un mouvement, à l'origine une secte, qui a par la suite proliféré sous d'autres formes dans les milieux polytechniciens et dans toute la société française. Mon chef a fait une propositions à Vivendi sur l'environnement, un autre responsable a fait une proposition sur la gestion des connaissances, mais sans se concerter, si bien que ni l'une ni l'autre des deux propositions n'ont été retenues par le client. Cap Gemini n'a  réussi à décrocher pour moi aucune mission sur le développement durable, et aucune en gestion des connaissances (sauf une mission d'un mois pour la direction de la prodution thermique d'EDF). N'ayant eu quasiment aucune mission sur ces deux sujets, j'ai été mis au placard.

 

Saint Thomas d'Aquin

Saint Thomas d'Aquin, théologien, patron des universités et des écoles

Mon responsable hiérarchique m'a alors incité à rechercher du travail à l'extérieur. Au bureau des carrières de mon école, j'ai présenté un CV où j'avais mis dans mes centres d'intérêt que je m'intéressais à l'Histoire. L'animateur m'a demandé à quelles périodes de l'Histoire je m'intéressais. J'ai répondu : « le Moyen Âge et le XXe siècle ». Il a alors répliqué qu'il connaissait « une psychanalyste américaine qui pense que ceux qui s'intéressent au Moyen Âge sont des ivrognes et des drogués ». Je suis allé immédiatement à la librairie La Procure pour acheter un livre sur Auguste Comte, un « illustre » polytechnicien, et j'ai trouvé un ouvrage écrit par une psychanalyste argentine : Le positivisme est un culte des morts : Auguste Comte. J'ai été atterré par la lecture de cet ouvrage. J'ai compris ce qu'était le positivisme : une idéologie et une espèce de religion de la science, assez proche dans l'esprit du saint-simonisme, qui lui aussi a influencé beaucoup de polytechniciens dans l'Histoire et même encore aujourd'hui. Je suis allé en parler à l'aumônier des anciens élèves de Polytechnique, le père Dumord, auquel j'ai fait lire le livre. Il m'a répondu au sujet du positivisme : « Il n'y a pas de transcendance » et il m'a parlé d'Aristote. Je suis aussi allé voir Philippe Gueudet, mon ancien aumônier à Berthelot, pour lui montrer ce livre. J'ai consulté le Centre d'Enseignement de Théologie à Distance sur le positivisme. Ils m'ont répondu en citant un extrait de l'encyclique Fides et ratio de Jean-Paul II : « Une pensée philosophique qui refuserait toute ouverture métaphysique serait donc radicalement inadéquate pour remplir une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation ». J'ai ainsi appris que saint Thomas d'Aquin avait réconcilié au XIIIe siècle la pensée chrétienne et la philosophie d'Aristote, et j'ai compris pourquoi c'était un grand saint de l'Église.

 

Saint Joseph

Saint Joseph, patron des pères de famille et des chercheurs d'emploi

On m'a proposé un bilan de compétences. J'ai refusé en disant que l'on m'en avait déjà fait faire un récemment. Fin 2002, mon responsable hiérarchique m'a convoqué à un entretien pour me licencier : insuffisance professionnelle et problème d'employabilité Il m'ont expliqué aussi qu'ils avaient tenté de me repositionner dans la gestion des connaissances, mais qu'il n'y avait pas de marché. J'étais dans une situation très difficile, car les fournisseurs informatiques m'ayant fait trop souffrir, je ne pouvais pas retrouver un emploi dans une SSII. J'avais très peu d'anciens clients pour qui j'avais travaillé. De plus, les entreprises ayant beaucoup investi en informatique dans les années 1990, elles ont cherché à amortir leurs investissements, et le marché informatique s'est effondré. Pour couronner le tout, ma femme avait dû arrêter son travail en 2000 pour s'occuper de mon fils aîné, qui avait de graves difficultés à l'école. Une longue période de recherche d'emploi a commencé. Chaque mercredi, j'allais à Notre-Dame de Pentecôte pour la messe et le déjeuner, et j'ai participé à plusieurs équipes. Une femme qui travaillait dans le secteur informatique et qui comprenait ma situation m'a donné une liste de tous les passages de l'évangile où il est question de pardon.

 

CVX

L'équipe de la Communauté de vie chrétienne dans laquelle je suis entré avec ma femme m'a aussi aidé à tenir le coup pendant un certain temps. J'ai mis au point avec un cabinet de placement externe un projet sur le développement durable, j'ai publié dans une revue un article sur la responsabilité sociétale des entreprises, et j'ai présenté un projet de gestion des connaissances pour mon ancien client Vivendi, mais le projet a été bloqué par un cabinet de conseil concurrent. J'ai réorienté mes recherches vers l'intelligence économique, tout en étant suivi par l'Accueil Saint-Vincent, autre association chrétienne de recherche d'emploi. Après un long travail de recherche en réseau, j'ai rencontré un ancien officier, Dominique Beau, qui avait été détaché auprès des Américains pendant la première guerre du Golfe en 1991. Il connaissait très bien leurs pratiques dans les systèmes d'information (Network Centric Warfare). Il m'expliquait que les Américains développaient leurs systèmes en toute discrétion vis-à-vis de leurs concurrents européens (perception management). Il répétait souvent que la France était « bloquée dans un ancien paradigme ». Rien de ce qui se faisait en France ne trouvait grâce à ses yeux.

 

Wikipédia

Ma page utilisateur dans Wikipédia

Un jour, je lui demande ce qu'il pense de Wikipédia. À sa réponse, j'ai compris qu'il en pensait du bien. Cela m'a décidé à contribuer à cette encyclopédie en ligne. J'ai pu ainsi capitaliser progressivement les connaissances et l'expérience acquise au cours de centaines d'entretiens, tout en approfondissant mes connaissances dans plusieurs domaines. Lors des réunions avec les prospects, il faisait de longs monologues qui n'aboutissaient à rien. Notre projet n'ayant pu se concrétiser, je l'ai quitté.

 

Notre-Dame de Pentecôte

La Maison d'Église Notre-Dame de Pentecôte à la Défense

Finalement, j'ai fait appel au Groupe de Recherche d'Emploi de la Défense (GRED) de Notre-Dame de Pentecôte. Beaucoup de gens ont prié pour moi : le groupe de prière de Notre-Dame de Pentecôte, une chaîne de prière, et sans doute beaucoup de membres de ma famille et beaucoup d'amis. Je les en remercie. J'ai dû emprunter à la caisse de secours de mon école pour tenir financièrement. Grâce à Dieu, ma femme m'a accompagné avec beaucoup de courage dans cette épreuve. Comme ma grand-mère qui est retournée vers le Seigneur en 2007 l'avait demandé à la Vierge Marie, j'ai une « femme bien ».

 

Bon Samaritain

Le Bon Samaritain (Lc 10, 25-37)

C'est dans les épreuves que l'on reconnaît les vrais amis. Mon ami Albert, celui avec lequel je suis entré à Polytechnique, celui qui a toujours été attentif à moi, m'invitait à déjeuner régulièrement pour suivre mes recherches. En 2007, il m'informe qu'un poste est libéré dans un ministère, et il m'invite à postuler. Cet ami est juif . Je prends conscience que les liens d'amitié peuvent transcender les différences religieuses, et j'en veux à certains catholiques dans l'Histoire.

 

Fils Prodigue

Le Fils Prodigue (Lc 15, 11-32) 

Même si je connaissais mon ami Albert et toute sa famille depuis plus de trente ans, même si j'avais passé à quatre reprises des vacances chez ses parents qui ont été d'une hospitalité exemplaire, j'ai senti qu'il restait au fond de mon cœur un peu de méfiance envers les juifs. En communion avec l'Église, je suis allé voir le père Stéphane Aulard pour le confier au Seigneur, et je Lui ai demandé pardon pour ce sentiment. J'ai compris que la croyance séculaire dans le peuple déicide est radicalement contraire au sens profond du sacrifice de l'eucharistie. C'est à ce moment que j'ai travaillé l'article Antijudaïsme de Wikipédia. Un jour, alors que j'étais en vacances à Pornichet avec ma belle-mer, mon beau-frère Pascal et sa femme Dominique, ma femme étant restée à Paris en stage, je fais un délire mystique et mes enfants s'en aperçoivent. Mon ami restera dans ma mémoire comme le Bon Samaritain qui allait me sortir de l'impasse. Comme je m'étais aussi beaucoup appuyé sur des réseaux chrétiens et sur le réseau de mon école dans mes recherches, j'ai été profondément bouleversé. Je me suis souvenu d'une parole que ma mère m'avait dite quand j'étais adolescent : « Les Juifs sont responsables de la mort du Christ », et j'ai compris ce que voulait dire Jules Isaac dans son livre L'Enseignement du mépris.

Jésus et la Samaritaine

Jésus et la Samaritaine (Jn 4, 1-30)

J'étais en concurrence avec un autre candidat. Grâce à la Providence et sans doute à l'action de l'Esprit saint, j'ai finalement été retenu pour le poste. Depuis plusieurs années, je demandais régulièrement des conseils au Centre d'Enseignement de Théologie à Distance. (CETAD). Ils m'ont rappelé un passage de l'évangile, Jésus et la Samaritaine au bord du puits de Jacob : « le salut vient des juifs » (Jn 4, 22).

Mon ami restera dans ma mémoire comme le Bon Samaritain qui allait me sortir de l'impasse. Comme je m'étais aussi beaucoup appuyé sur des réseaux chrétiens et sur le réseau de mon école dans mes recherches, j'ai été profondément bouleversé. Je me suis souvenu d'une parole que ma mère m'avait dite quand j'étais adolescent : « Les Juifs sont responsables de la mort du Christ », et j'ai compris ce que voulait dire Jules Isaac dans son livre L'Enseignement du mépris.

 

En 2013, ma situation professionnelle s'étant bien stabilisée, j'ai commencé à témoigner de mon expérience sur mon site internet. À la suite d'une discussion avec ma voisine, j'ai décidé de témoigner plus largement de mon expérience dans le cadre du Parcours Alpha. Les deux journées de formation des 18 et 19 janvier 2014 se sont déroulées dans l'église Saint-François-d'Assise dans le 19e arrondissement de Paris. J'ai senti que c'était un lieu très symbolique, car saint François d'Assise se caractérisait non seulement par sa recherche de la pauvreté, mais aussi par son amour de la nature ; c'est la raison pour laquelle Jean-Paul II l'a nommé patron de l'écologie en 1979. D'autre part, il a été un précurseur du dialogue interreligieux. Lors de la célébration eucharistique qui rassemblait plusieurs confessions chrétiennes, l'évangile était Jn 1, 35-42 :

« Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu'ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était vers quatre heures du soir. »

Lors de l'homélie, le pasteur protestant a souligné que nous devions nous poser la question de ce que nos contemporains cherchent. À la prière universelle, j'ai donc pris le micro, et j'ai dit :
« Seigneur, les hommes cherchent à être protégés contre le dérèglement climatique. François d'Assise nous appris à aimer la nature. Alors, Seigneur, sauve nous. »

 

Bougie

Une bougie dans une église

Fin juin 2014, j'apprends par un ami qu'Atos est en train de faire une OPA amicale sur Bull. J'appelle alors au téléphone la personne qui m'avait embauché chez Bull et je lui donne de mes nouvelles. Il est catholique pratiquant. Il est en retraite depuis 2000 et il évoque rapidement ses activités dans sa paroisse. Quelques jours plus tard, j'allume une bougie à la sainte Vierge dans l'église Saint-Paul à Paris, puis je m'entretiens avec un prêtre à l'accueil. Je lui parle de mon expérience, et de ma difficulté à pardonner.

 

 

 

 

 

Te Deum de Marc-Antoine Charpentier

 

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Liens et sites utiles

Extrait, n° 92 :
« Il y a là la vraie guérison, du moment que notre façon d’être en relation avec les autres, en nous guérissant réellement au lieu de nous rendre malade, est une fraternité mystique, contemplative, qui sait regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain, qui sait supporter les désagréments du vivre ensemble en s’accrochant à l’amour de Dieu, qui sait ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon. En cette époque précisément, et aussi là où se trouve un « petit troupeau » (Lc 12, 32), les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui soit sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16). Ils sont appelés à témoigner de leur appartenance évangélisatrice de façon toujours nouvelle. Ne nous laissons pas voler la communauté ! Non à la mondanité spirituelle. »

 

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